Voici quelques-unes des causes les plus courantes d’une fuite de données et, surtout, comment les prévenir.
En 2021, 22 milliards d’enregistrements de données ont fait l’objet d’une fuite. Ces enregistrements comprenaient des identifiants de connexion, des données à caractère personnel, des informations sensibles sur les entreprises ainsi que des informations financières. Ces données ont probablement été mises en vente sur des places de marché du dark web à l’intention de l’ensemble de la communauté cybercriminelle.
Un pirate informatique peut utiliser des données volées pour mener des cyberattaques, notamment l’usurpation d’identité, les attaques de type « Business Email Compromise » (BEC) et les infections par ransomware. Les données constituent la pierre angulaire de la vague déferlante de cybercriminalité à laquelle le monde est confronté ; sans accès aux données personnelles, les cybercriminels seraient privés des 1 500 milliards de dollars de recettes qu’ils ont générées en 2019.
Voici quelques-unes des causes les plus courantes d’une fuite de données et, surtout, comment les prévenir.
Les quatre causes les plus courantes d’une fuite de données
Le rapport « Data Breach Investigations Report » (DBIR) est une analyse annuelle de la situation actuelle en matière de cybersécurité. Le DBIR 2022 identifie quatre moyens principaux utilisés par les cybercriminels pour « s’introduire dans votre secteur immobilier » : l’usurpation d’identifiants, le phishing, l’exploitation de vulnérabilités et les botnets.
Références
Selon le rapport DBIR 2022, le nombre d’identifiants volés a augmenté de 30 % depuis 2017. Si un cybercriminel met la main sur un ensemble d’identifiants de connexion, par exemple un nom d’utilisateur et un mot de passe, c’est comme si vous lui remettiez directement les données de votre entreprise et votre compte bancaire.
Même les identifiants de connexion des employés ne disposant pas de droits d’accès aux serveurs et aux zones sensibles du réseau peuvent néanmoins vous ouvrir les portes de votre château. Ces identifiants sont utilisés pour étendre les droits d’accès afin d’accéder à des zones sensibles du réseau et à des applications : c’est ce qu’on appelle la « propagation latérale ».
Certains comportements, tels que le partage de mots de passe et leur réutilisation sur plusieurs comptes, compromettent également la sécurité des identifiants de connexion : une enquête menée par Google a révélé que 52 % des personnes réutilisent leurs mots de passe sur plusieurs comptes.
Le phishing est un domaine à haut risque qui conduit au vol d’identifiants et, à terme, à une fuite de données :
Hameçonnage
Le phishing constitue le moyen le plus efficace de dérober des données personnelles. Sous toutes ses formes, qu’il s’agisse du phishing par e-mail, du spear-phishing, du smishing ou du vishing, ce mécanisme d’ingénierie sociale est le moyen privilégié par les cybercriminels pour lancer le processus menant à une fuite de données.
Le rapport DBIR 2022 montre que le phishing reste la principale technique d’ingénierie sociale. En effet, le phishing par e-mail constitue une voie d’accès directe à une organisation ; si un e-mail de phishing atterrit dans la boîte de réception d’un employé, à moins que celui-ci ne sache à quoi il a affaire, l’étape suivante est le vol d’identifiants et/ou l’infection par un logiciel malveillant. Même les ransomwares, qui servaient autrefois exclusivement à l’extorsion financière, sont désormais utilisés pour voler des données. Tout tourne autour des données.
De plus, le recours à plusieurs facteurs d’authentification (MFA/2FA) ne constitue plus non plus une protection contre le vol d’identifiants et de données par hameçonnage. Les cybercriminels, toujours plus inventifs, trouvent désormais de nouveaux moyens de contourner l’authentification à deux facteurs.
Exploitation des vulnérabilités
Le phishing et le vol d’identifiants exploitent souvent des vulnérabilités qui conduisent au vol de données. Les vulnérabilités logicielles sont courantes. CVE Details tient un registre et une base de données des vulnérabilités : en 2021, CVE Details a recensé plus de 20 000 vulnérabilités ; chacune d’entre elles est susceptible de permettre à un pirate informatique d’exploiter la faille et de prendre le contrôle d’une application. L’objectif est d’utiliser cette faille pour accéder à des parties du réseau qui permettront au pirate d’installer des logiciels malveillants ou d’exfiltrer des données.
Botnets
SpamHaus a enregistré une hausse de 23 % de l’activité des botnets au quatrième trimestre 2021. Le terme « botnet » désigne un ensemble d’appareils infectés par des logiciels malveillants et utilisés de manière collective pour mener des attaques. Un acteur malveillant, appelé « botherder », contrôle ces ordinateurs de bureau et portables.
Le « Botherder » utilise ces outils pour mener des cyberattaques contre une cible, notamment en envoyant des e-mails de hameçonnage, des logiciels malveillants et/ou en lançant une attaque par déni de service. Toutes ces actions peuvent s’inscrire dans le cadre d’un objectif plus large visant à voler des données.
Voici les meilleures façons de prévenir une fuite de données
L’un des principaux enseignements tirés du rapport DBIR 2022 est que 82 % des violations de données sont liées à un facteur humain. De plus, le rapport indique que «les personnes continuent de jouer un rôle très important tant dans les incidents que dans les violations de données ». Concentrer vos efforts sur la modification de cet indicateur constitue le meilleur moyen de lutter contre les violations de données.
Voici quelques-unes des meilleures façons d’y parvenir :
Formez vos collaborateurs aux stratégies de sécurité de l’information
La formation à la sensibilisation à la sécurité reste le meilleur moyen de prévenir une cyberattaque qui repose sur la manipulation du comportement humain. Cependant, ce type de formation ne vise pas uniquement à sensibiliser les collaborateurs à la dimension cybercriminelle des violations de données.
La sensibilisation à la sécurité consiste également à améliorer les comportements généraux en matière de sécurité, tels que le partage et la réutilisation des mots de passe. Des programmes de formation efficaces aborderont tous les aspects liés à la sécurité au sein d’une organisation et formeront régulièrement les collaborateurs afin d’améliorer leurs comportements généraux en matière de sécurité.
Réaliser des simulations d’hameçonnage
Les simulations de hameçonnage constituent un excellent moyen de sensibiliser les collaborateurs au fonctionnement de cette pratique. Le recours à ces exercices de simulation est essentiel, car les cybercriminels ont de plus en plus souvent recours à des techniques sophistiquées de hameçonnage par e-mail et ciblent des postes spécifiques au sein d’une organisation.
Les prestataires de simulations de hameçonnage proposent des modèles permettant de créer vos simulations en fonction du type d’hameçonnage par e-mail qui expose votre entreprise à des risques. De plus, les plateformes avancées de simulation de hameçonnage mettent à votre disposition une console centrale pour gérer les formations et fournissent des indicateurs qui vous aident à adapter les exercices.
Encourager le signalement des incidents liés à des violations de données
Il convient d’encourager les collaborateurs à signaler les incidents de sécurité. Ce faisant, les organisations favorisent une culture axée sur la sécurité qui facilite la collaboration dans la lutte contre la cybercriminalité. Une culture de sécurité qui met l’accent sur la transparence et qui facilite le signalement des incidents permet à votre équipe informatique d’empêcher qu’un incident ne se transforme en un véritable événement de sécurité.
Utilisez un gestionnaire de mots de passe
Le vol d’identifiants est fréquent, car les mots de passe sont couramment utilisés pour se connecter à des applications. Comme les utilisateurs doivent mémoriser un grand nombre de mots de passe, ils finissent par réutiliser sans cesse le même. Le mot de passe le plus courant est « 123456 ». L’utilisation d’un gestionnaire de mots de passe constitue un moyen efficace de prévenir la « fatigue des mots de passe » et d’encourager de bonnes pratiques en matière de sécurité des mots de passe.
Appliquez les correctifs à vos systèmes
Les vulnérabilités ne peuvent être exploitées que si elles existent. Veillez donc à mettre à jour vos systèmes et à appliquer les correctifs de sécurité dès qu’ils sont disponibles. Si cela vous semble être une tâche titanesque, recherchez un mécanisme centralisé permettant d’automatiser l’application des correctifs.
Du côté des bonnes nouvelles, 37 milliards d’enregistrements de données ont fait l’objet de fuites en 2020. Ainsi, les 22 milliards d’enregistrements concernés en 2021 témoignent d’une amélioration. Cette baisse n’est sans doute pas due au fait que les cybercriminels auraient pris quelques jours de congé. Elle s’explique plus probablement par le fait que les organisations en tirent les leçons et mettent en œuvre des mesures pour prévenir les violations.
En effet, le rapport DBIR 2022 l’a réaffirmé : «Aucune organisation n’est à l’abri sans un plan permettant de gérer l’ensemble de ces risques. » Une entreprise peut créer un environnement plus sécurisé et prévenir les fuites de données en misant sur la collaboration et la sensibilisation à la sécurité.